Institut d'etudes Européennes
De l'Université libre de Bruxelles

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Historique de l'Institut

Officiellement inauguré le 27 février 1964, l’IEE-ULB a été créé par des personnalités de premier plan telles que Ganshof van der Meersch et Paul-Henri Spaak. Il a vite atteint un niveau d’excellence disciplinaire en droit européen. Au cours de ses 50 années d’existence, l’Institut d’Etudes européennes a diplômé près de 7500 étudiants.

 

 

 

 

 

Une histoire étroitement liée à la construction européenne

L’Institut d’Etudes européennes a été le fruit d’une intuition précoce des autorités académiques de l’Université libre de Bruxelles. Dès le début des années 60’, quelques années seulement après l’entrée en vigueur des traités de Rome, elles ont entendu créer un institut ayant pour mission d’« approfondir dans le domaine des sciences morales, politiques et économiques, les problèmes que pose la réalisation d’une Europe toujours plus unie », dans le but notamment de permettre à l’ULB de répondre aux impératifs de sa situation géographique, dans la capitale de l’Europe qui nourrissait l’ambition de tenir une place importante dans la vie européenne et  internationale. L'Institut a été conçu comme un centre à la fois d’enseignement et de recherche.

Il visait, par son enseignement,  à former des  spécialistes des questions européennes mais il entendait aussi contribuer aux progrès de l’intégration européenne et participer, en tant qu’institution académique, à la réflexion et au débat européen. Dès ses premières années d’existence, il s’est affirmé comme un centre d’excellence, principalement mais pas exclusivement, dans le domaine du droit européen, avec des personnalités incontournables telles que Walter Ganshof Van der Meersch, son premier président,  Michel Waelbroeck ou Jean Victor Louis. Il s’est aussi très rapidement ouvert vers l’extérieur, tant dans l’enseignement, en accueillant des professeurs et étudiants étrangers, que dans la recherche en développant les coopérations interuniversitaires. 

Fin des années 80’, l’Acte unique européen et l’objectif de l’achèvement du marché intérieur pour 1992 ont été l’occasion d’une nouvelle  prise de conscience des autorités académiques de l’importance de l’Europe pour l’Université. Alors qu’au départ, l’IEE se consacrait principalement à l’étude du droit de la « petite communauté des Six » au sein de sa section juridique, ses sections économique et politique furent redynamisées, dès 1989, sous l’impulsion de Mme Françoise Thys - Clément, alors Vice-Rectrice de l’ULB, en coopération avec la Faculté des Sciences économiques, politiques et sociales et avec l’arrivée de nouveaux directeurs de recherche, à la personne d’André Sapir et Mario Telo. Les autorités académiques se sont ainsi mises à l’écoute des messages issus de la communauté scientifique, tenant compte du passage à l’Union européenne (UE) et à l’Union monétaire, de l’insertion des deux piliers intergouvernementaux (PESC et JAI) et de la création de la citoyenneté européenne. Dans la foulée, les cadres de recherche ont été  renforcés, l’enseignement rénové et des locaux plus spacieux ont été mis à la disposition de l’Institut.

Tandis que la section économique inaugurait le 20 novembre 1991 le European Centre for Advanced Research in Economics (ECARE devenu ultérieuresement ECARES), la section politique s’est, quant à elle, focalisée sur les enjeux de la légitimité et de la démocratie, sur les changements institutionnels et sur les relations extérieures d’une UE qui connaissait à la fois les défis de l’élargissement et de la mondialisation. Dès lors que l’Union devenait un système politique, elle devenait aussi l’objet de la science politique.

En 2003, la réforme de Bologne introduit une petite révolution dans les enseignements de l’Institut : alors qu’au départ, il délivrait exclusivement un enseignement de troisième cycle, avec des licences spéciales rebaptisées diplômes d’études spécialisées en 1995, il a intégré le deuxième cycle et pris place dans les masters offerts par l’Université Libre de Bruxelles, tout en offrant des masters de spécialisation et redynamisant son école doctorale en études européennes. L’IEE et l’Université ont même saisi cette occasion pour créer une quatrième section d’enseignement et de recherche, la section Histoire et cultures d'Europe, avec la collaboration étroite de la faculté de Philosophie et lettres - renforçant encore l’approche interdisciplinaire chère à l’IEE-ULB.

La conciliation de cette interdisciplinarité et de l’excellence disciplinaire constitue un véritable défi sur le plan culturel et épistémologique. Mais le fait que l’Institut n’ait cessé de s’affirmer, à l’échelle européenne et même internationale,  comme un centre multidisciplinaire de « hautes études européennes » a permis d’approfondir les connaissances sur une large série de problèmes qui affectent les sociétés non seulement à l’échelle nationale, mais aussi à l’échelle européenne et internationale (migrations, inégalités, sécurité, gouvernance, etc.). Cette démarche est par ailleurs encouragée par les institutions européennes et en particulier par la Commission. Ceci explique le nombre de projets emportés par les équipes de l’Institut dans le cadre notamment des divers programmes de recherche européens. En témoigne l’Erasmus Mundus Joint Doctorate Programme « Globalisation, the EU, and Multilateralism » (GEM), dont il assure la coordination depuis 2009, et qui regroupe neuf universités d’Europe, d’Asie, des Etats-Unis et d’Amérique latine.

Découvrez ci-dessous une frise interactive qui retrace les grands jalons de l'intégration européenne, dont l'Institut s'est fait le reflet au fil des années :

 

 

Trois orientations stratégiques pour une ambition d’excellence

Le succès de l’Institut a été rendu possible par trois choix stratégiques qui gardent aujourd’hui toute leur actualité :

1. L’internationalisation

La dimension européenne et internationale de l’enseignement et de la recherche est une pratique quotidienne à l’IEE-ULB. L’internationalisation des corps académique et scientifique comme celle du public estudiantin en est un indicateur éloquent. Ainsi, à l’heure actuelle, le corps professoral des études européennes est issu d’une dizaine de pays et enseigne à des étudiants de 25 nationalités.

L’Institut a joué et joue toujours un rôle essentiel dans l’établissement et la coordination de réseaux de recherche européens et/ou internationaux. L’école doctorale GEM constituée de 10 universités, y compris chinoise et américaine, a permis par exemple d’engager 50 doctorants issus de 40 pays. Le projet Horizon 2020 ENLIGHTEN sur la légitimité de l’UE en temps de crise rassemble 4 universités européennes, 4 réseaux européens d’envergure et associe de nombreux grands noms de la recherche dans le monde. Le réseau ODYSSEUS réunit des experts en droit de l’asile et de l’immigration des 28 Etats membres de l’Union ainsi que de la Suisse. Quant à ECLAN (European Criminal Law Academic Network), il comporte plus de 150 membres représentant 32 pays européens.

2. L’interaction avec les Institutions de l’UE

Depuis toujours, l’IEE-ULB a su profiter de sa situation à Bruxelles, au cœur de l’Europe, à deux pas de la majeure partie des institutions européennes autour desquelles gravite une multitude d’acteurs gouvernementaux ou de représentants de la société civile.

L’attrait qu’exerce l’Institut sur des hauts fonctionnaires ou experts européens avait déjà été mis en exergue par Paul-Henri Spaak lui-même dès 1964 à l’occasion de l’inauguration de l’IEE. Il avait en effet déclaré, non sans humour : "même pour ceux qui ont l’habitude de rencontrer la Reine d’Angleterre, le Chancelier allemand, ou des prix Nobel, rien ne peut égaler le plaisir d’enseigner à l’IEE - ULB et de collaborer avec ses équipes".

L’Institut a ainsi pu associer tant à l’enseignement qu’à la recherche et au débat public les décideurs politiques et praticiens de l’Europe. Un intérêt réciproque a été cultivé qui a mené à un enrichissement mutuel.

3. Le lien enseignement – recherche

L’IEE – ULB a cherché et cherche à garantir la cohérence entre son agenda de recherche et son offre d’enseignement.

Les principaux axes de recherches ont bien entendu été constamment adaptés en fonction du contexte européen et international en perpétuelle évolution. Dans cet esprit, les programmes de cours, eux aussi, ont été régulièrement révisés.

Parmi les priorités des recherches et les thèmes des nombreuses publications en français et en anglais, il convient de mentionner: l’évolution du système institutionnel et sa complexification au fil des réformes des traités, les implications de l’élargissement, le rôle des acteurs européens, la participation citoyenne, l’analyse comparée des euroscepticismes, l’espace de liberté, de sécurité et de justice ainsi que la protection des droits fondamentaux, et les politiques de régulation.

Face à la globalisation et à l’apparition d’un monde multipolaire, les recherches sur la dimension externe de l’UE ont connu un essor considérable. Elles portent entre autres sur le rôle de l’UE en tant qu’acteur international et sur la comparaison avec d’autres intégrations régionales, principalement en Asie et en Amérique latine (ASEAN, MERCOSUR, etc). L’UE ne se présente pas comme un modèle pour le monde mais entend défendre ses valeurs et constitue sans aucun doute une référence pour d’autres continents. Notre passion pour la paix et la coopération internationale se traduit en une formule : une UE, puissance civile et moteur d’un nouveau multilatéralisme. « Peace by pieces » ou « la paix mondiale par les pacifications régionales ».

Dans la droite ligne de l’approche dynamique et évolutive qui caractérise l’IEE-ULB, ses forces vives ont mis sur pied un nouvel IEE en étroite collaboration avec les facultés partenaires et avec le soutien des autorités académiques. L’objectif de cette réforme achevée en 2015 est de renforcer le caractère interdisciplinaire de la recherche, la visibilité internationale de l’Institut et sa capacité d’action aux niveaux européen et mondial. Il vise entre autres à promouvoir le dialogue critique avec les institutions de l’UE, à constituer un lieu de débat sur l’avenir de la construction européenne sans être un think tank et à travailler en réseau avec les partenaires européens et mondiaux.

L’année académique 2015-2016 atteste du succès de la refondation de l’IEE de l’ULB : une innovation dans la continuité.

 

 

Les présidents de l’IEE

De grands noms se sont succédés à la présidence de l’Institut d’études européennes

  • Walter Ganshof van der Meersch (1963-1970)

  • Paul de  Groote (1970-1972)

  • Henri Janne (1972-1975)

  • Henri Simonet (1975-1978)

  • Paul Foriers (1978-1980)

  • Jean-Victor Louis( 1982-1992)

  • André Sapir (1992-1998)

  • Régine Kurgan (1998- 2003)

  • Françoise Thys (2003-2005)

  • Mario Telo (2005-2009)

  • Marianne Dony (2009- 2014)

  • Anne Weyembergh (2014 - ...)

                                      

 

Le siège de l'IEE: un immeuble signé Blomme

En 1964, l’IEE a fixé son siège dans une maison particulière sise au 39 avenue F. D. Roosevelt, conçue par Adrien Blomme en 1926-1928. Adrien Blomme (1878-1940) fait partie des architectes majeurs à Bruxelles. Son œuvre, commandée en très grande partie par une clientèle industrielle et fortunée, est variée. Certaines de ses réalisations sont réputées et valorisées. Adrien Blomme a nourri son travail des différents styles d'architecture du début du XXème siècle. Après de premières réalisations empreintes de références historiques (illustrées notamment par le Château du Vert Chasseur actuellement occupé par l’école européenne d’Uccle), il s’est tourné vers un style moderniste classique dont le 39 avenue F. D. Roosevelt est un exemple caractéristique mais qui se retrouve aussi dans plusieurs réalisations réputées comme la villa Gosset à Woluwe-Saint-Pierre, les Brasseries Wielemans-Ceuppens à Forest, qui abritent aujourd'hui le Wiels, la villa Vandevelde à deux pas de l’observatoire d’Uccle ou encore le rectorat de l'ULB, avenue Roosevelt, qui est son ancienne maison personnelle. L’Institut est resté fidèle à Adrien Blomme : en 1990, la maison voisine, le 41, dont il avait aussi signé les plans, était acquise par l’ULB et mise à la disposition de l’IEE.

 

La Brochure "L'Institut d'Etudes Européennes: 50 ans de recherche et d'enseignement en quête d'ouverture" est disponible en téléchargement libre en bas de page!

 

Film réalisé avec le soutien de l'Université libre de Bruxelles, de la Fondation Bernheim, de la Fondation Wiener-Anspach et de la Fondation Roi Baudouin.